Les Conti de Vedène perdent une bataille judiciaire mais continuent le combat
Les 99 salariés de Continentale Nutrition ont reçu le 7 mai la décision de la Cour d’Appel de Nîmes : le Plan de Sauvegarde de l’Emploi engagé par la direction du groupe n’est pas annulé, comme ils l’avaient demandé. Un PSE annoncé le 27 septembre dernier et qui aurait comme conséquence leur licenciement. Depuis, les Conti sont rentrés dans la lutte pour sauvegarder leur site et leurs emplois. Ils occupent leur entreprise depuis plus de 100 jours. Une bataille judiciaire est certes perdue, mais malgré tout, ils veulent se battre « jusqu’au bout ». Le combat est loin d’être terminé.
La Cour d’Appel de Nîmes a donc rendu son délibéré, elle valide le Plan de Sauvegarde de l’Emploi, confirmant ainsi le jugement en première instance auquel les Conti avaient fait appel le 3 avril dernier. « On est surpris, c’est difficile même si on ne commentera pas la décision du juge » nous confie Taïeb Hallal, délégué syndical CGT de Continentale Nutrition Vedène. Le mot « déception » revient aussi beaucoup sur les lèvres des salariés qui restent sur site jours et nuits, 24 heures sur 24 depuis maintenant trois mois et demi.
C’est à la fin du mois de septembre 2011 qu’ils apprennent qu’un PSE prévoit la fermeture de leur usine d'aliments pour animaux et donc leur licenciement, « nos 99 emplois mais en plus 250 postes induits, d’autres salariés qui faisaient des prestations extérieures » nous précise le délégué CGT. Dès l’annonce, les Conti vont alors contester la décision. Fin décembre, ils déposent une assignation au Tribunal de Grande Instance d’Avignon pour casser le PSE, « mais il est validé par le juge » soupire Taïeb Hallal. S’en suivent alors de nombreuses manifestations, l’occupation de l’usine après l'annonce de l'arrêt de la production, des portes ouvertes avec les élus mais aussi visites à l’Assemblée Nationale, à Matignon, à la Bourse du travail et table ronde pour évoquer leur avenir. « Nous avons donc obtenu par la direction de Continentale un mandat pour permettre à la DEV, l'Agence de Développement Economique de Vaucluse, de chercher des repreneurs. Actuellement elle continue de travailler, ça va prendre du temps mais c’est notre plus grande chance, notre solution pour la reprise. Il y a quelques visites de repreneurs». En attendant, les Conti continuent d’espérer, «il n’est pas question de lâcher » et d’occuper leur site pour tenter de le sauver. « On veut que notre activité soit maintenue, on conteste le motif économique alors que notre production est viable. On se bat pour l’emploi, pas pour un reclassement proposé à Boulogne-sur-Mer, à mille bornes de chez nous et avec un salaire moindre ! On déshabille Vedène pour rhabiller Boulogne ! Le PSE, ce n’est pas un Plan de Sauvegarde, c’est un Plan de sabordage de l’emploi » s’insurge le délégué syndical, qui reste, tout comme ses collègues, plus déterminé que jamais.
C'est un combat honnête, digne et juste. David Lebourg
Le prochain combat judiciaire, les salariés de Continentale Nutrition y pensent déjà : « on va à nouveau saisir la justice, la Cour de Cassation, afin de gagner du temps pour trouver un repreneur » explique Taïeb Hallal. L’espoir continue, notamment après l’élection de François Hollande comme nouveau Président de la République, « il y a des annonces de faites, on demande au nouveau gouvernement plus de droits pour les salariés et la lutte contre les licenciements économiques » nous confie-il. Pour David Lebourg, également salarié, « Hollande va apaiser le climat, l’approche est différente, j’espère qu’avec lui, ça va s’arranger ». L’attente risque encore d’être longue, tous en sont conscients mais chacun veut encore y croire.
Maud Fontanel






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