La vie martienne ? Des traces pourraient être trouvées sur l’une des lunes, selon une étude révolutionnaire.

Fobos est l’une des deux petites lunes de Mars, la plus proche. Elle a un rayon de seulement 11 km et orbite à une distance d’environ 6000 km de la surface de la planète rouge.

La vie sur Mars ? Pour résoudre ce dilemme, il faudra peut-être chercher sur Fobos, l’une des deux petites lunes en orbite autour de la planète. Telle est, en résumé, la conclusion d’une étude intéressante menée par des scientifiques de l’agence spatiale japonaise et publiée dans Science .
Il s’agirait d’un changement de paradigme non négligeable puisque toutes les tentatives qui sont faites aujourd’hui, ainsi que beaucoup de celles qui seront faites dans les prochaines années, se concentrent principalement à la surface de la planète (ou juste en dessous avec des instruments spéciaux construits précisément pour creuser à plusieurs centimètres sous la surface et collecter des échantillons pour analyse).

Des matériaux contenant une vie microbienne ont été projetés de Mars après des impacts.

En réalité, comme l’expliquent les chercheurs, les nombreux impacts d’astéroïdes auxquels Mars a été soumise depuis des millions, voire des milliards d’années, ont pu projeter plusieurs fois des matériaux de la planète, matériaux qui auraient ensuite pu atteindre les deux lunes, Phobos et Deimos.
Fobos est la lune la plus proche de la planète et peut donc avoir recueilli davantage de matériaux de ce type. Toute forme de vie microbienne à la surface de la planète rouge, ou juste en dessous, peut avoir survécu à ces impacts et avoir « voyagé » jusqu’à Fobos.

La vie sur Fobos est toujours condamnée

D’autre part, plusieurs études ont montré par le passé que les impacts de ce type ne sont pas toujours fatals ou complètement destructeurs pour les formes de vie microbiennes telles que les bactéries ou autres. Toutefois, comme le soulignent les chercheurs, toute forme de vie qui aurait pu s’échapper de la surface martienne et « atterrir » sur Fobos aurait de toute façon été de courte durée : le rayonnement solaire sur cette petite lune est extrêmement fort et n’est pratiquement protégé par rien, pas même par une atmosphère très légère.
Ce sont des radiations qui ne permettraient pas la vie telle que nous la connaissons.
Cependant, ces éventuelles formes de vie microbienne ont pu se fossiliser d’une manière ou d’une autre à la surface de Fobos, ainsi que tout fragment d’ADN potentiel.

Fobos : une capsule temporelle naturelle pour la vie microbienne martienne ?

En effet, l’absence totale d’atmosphère sur Fobos a pu favoriser la « fossilisation » et faire de cette petite lune une sorte de capsule temporelle naturelle.
D’après les simulations effectuées par les chercheurs, les impacts d’astéroïdes sur Mars pourraient avoir produit suffisamment d' »éjecta », des particules de matière soufflées par une explosion, pour faire le voyage jusqu’à Fobos et Deimos. Et cela a pu se produire plusieurs fois au cours de la longue histoire des impacts de la planète.
Fobos, en particulier, contiendrait plus de matériaux martiens car elle est beaucoup plus proche. Selon les chercheurs, plus de 109 kg de matériaux provenant de Mars ont pu se mélanger au régolithe de Fobos, soit une fraction inférieure à 1000 parties par million.

« SHIGAI » ou gènes stérilisés et fortement irradiés.

Il est désormais possible de trouver des biosignatures de micro-organismes qui sont morts sur Fobos à la suite d’impacts ou peu après leur arrivée sur Fobos à cause du rayonnement solaire. Les scientifiques japonais ont baptisé ces traces « SHIGAI » ou Sterilized and Harshly Irradiated Genes, and Ancient Imprints, un acronyme qui, soit dit en passant, signifie « restes morts » en japonais.

La vie s’est fossilisée sur Mars, puis s’est répandue sur Phobos.

En outre, des biomarqueurs de la vie pourraient être trouvés sur la petite lune martienne qui pourrait s’être formée plus tôt, voire bien avant l’éventuel impact d’astéroïde lui-même, sur Mars. En pratique, il s’agirait de traces de vie microbienne fossilisées sur Mars, puis transportées sur Fobos. Parmi ces derniers, on pourrait notamment trouver des fragments d’ADN fossilisés.
Par exemple, les biosignatures ou les biomarqueurs fossilisés dans le cratère de Jezero, un énorme cratère d’impact sur Mars, ont pu être emportés par l’impact et se trouvent maintenant à la surface de Fobos, mélangés à son régolithe de surface.

Missions MSR (Mars Sample-Return) et MMX (Martian Moons eXploration)

C’est également la raison pour laquelle les chercheurs de la NASA et de l’Agence spatiale européenne développent la campagne de la mission Mars Sample-Return (MSR) pour tenter de ramener sur Terre des échantillons de la surface martienne et, si possible, des échantillons des biomarqueurs trouvés dans le cratère Jezero.
Par ailleurs, la même agence spatiale japonaise finalise actuellement les étapes préalables au lancement de la mission MMX (Martian Moons eXploration), qui devrait ramener sur Terre des échantillons de la surface de Fobos. Le lancement de cette dernière mission est prévu pour 2024.

Hot news

A ne pas manquer