Un petit télescope de 10 kg au-delà de Saturne pour observer l’univers comme jamais auparavant

Crédit : TheSpaceway, Pixabay, 6618700

Nous disposons de plusieurs télescopes spatiaux, mais ils orbitent tous plus ou moins près de la Terre. Même le télescope James Webb, qui doit être lancé en décembre de cette année, même s’il sera positionné à une distance bien plus grande que tous les autres télescopes spatiaux lancés par l’homme, sera plus ou moins toujours à proximité de la Terre.

Un petit télescope dans l’orbite de Saturne ?

Selon Michael Zemcov, astrophysicien au Rochester Institute of Technology, qui analyse actuellement la formation de la structure de l’univers, la construction d’un petit télescope spatial pourrait être envisagée, mais pas sur l’orbite de la Terre, ni même aux points de Lagrange, mais beaucoup plus loin, au-delà de l’orbite de Saturne. Les avantages, selon le scientifique, seraient considérables, comme il l’explique dans un nouvel article paru dans The Conversation.

Un télescope de 10 livres

Il est donc question de lancer un télescope spatial à plus d’un milliard et demi de kilomètres, ce qui n’est pas techniquement impossible aujourd’hui, puisque nous avons lancé plusieurs sondes encore plus loin, dans les zones presque périphériques de notre système solaire. Le projet pourrait être réalisé à condition que le télescope ne soit pas trop grand. Il ne sera certainement pas aussi grand qu’un James Webb ou un Hubble.
Selon M. Zemcov, il est encore possible de construire un petit télescope avec une lentille de la taille d’une petite assiette et pesant moins de 10 kg, qui pourrait être placé beaucoup plus facilement en orbite autour de Saturne ou même plus loin.

Utile pour analyser la structure du système solaire

Le télescope serait petit, mais l’avantage résiderait dans l’éloignement du soleil : la lumière vive du soleil est une perturbation considérable et rend certaines observations impossibles.
Regarder et observer avec un télescope spatial le système solaire à partir d’un point un peu plus périphérique, comme l’orbite de Saturne, fournirait de nombreuses informations utiles, par exemple sur la forme du système solaire lui-même ainsi que sur la répartition des planètes, des lunes et de tout ce qui s’y trouve.

Le mystérieux disque de poussière et de gaz autour du Soleil

En regardant à une certaine distance vers le Soleil, on peut également obtenir des informations sur le halo de poussière et de matière en orbite autour du Soleil. En fait, le Soleil est littéralement entouré d’un disque dont nous ne savons pas grand-chose car, en fait, nous sommes trop proches de lui pour observer et analyser complètement sa structure.

La “brume” qui obscurcit notre vision

En outre, la lumière du soleil est réfléchie par ce disque de poussière et atteint la Terre, créant une sorte de brume qui est des centaines ou des milliers de fois plus brillante que la lumière des autres galaxies que les astronomes tentent d’observer et d’analyser quotidiennement.
Cette “brume” masque la vue de nombreux objets observés depuis notre planète. Avec un télescope situé à l’extérieur de ce nuage et moins affecté par la lumière du soleil, les effets perturbateurs pourraient être fortement réduits, ce qui profiterait aux observations astronomiques.

Diverses possibilités

Selon Zemcov, par exemple, nous obtiendrions des informations très utiles sur la façon dont la matière s’est condensée aux premiers stades de l’univers pour former les premières étoiles. Des observations pourraient également être réalisées pour tester différents modèles d’univers en mesurant avec une précision sans précédent la lumière provenant des galaxies. Enfin, nous pourrions faire un bien meilleur usage des effets de lentille gravitationnelle, un effet optique de l’univers qui nous permet d’observer des objets qui, sans cet effet, seraient impossibles à observer.

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