Notre univers a peut-être été créé par une civilisation intelligente, selon le scientifique Avi Loeb.

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Notre univers a peut-être été créé par une civilisation extraterrestre très avancée technologiquement. Il s’agit d’une conjecture qui surgit de temps à autre en relation avec les causes qui ont pu produire la naissance de notre univers, mais cette fois l’hypothèse est émise par Avi Loeb, un scientifique respecté, ancien président du département d’astronomie de Harvard et directeur de plusieurs instituts scientifiques. Dans un éditorial paru récemment dans Scientific American, Loeb évoque la possibilité que notre univers ait été créé “en laboratoire” par une civilisation extraterrestre hyperintelligente.

Géométrie plate et énergie nette zéro

Selon M. Loeb, le soupçon que notre univers ait pu être créé artificiellement réside également dans certaines de ses caractéristiques essentielles : une forme caractérisée par une géométrie plate et une énergie nette nulle. Cette dernière est l’une des hypothèses les plus fascinantes concernant l’énergie dans l’univers. Selon les partisans de cette hypothèse, la quantité totale d’énergie dans notre univers est nulle. L’énergie positive, qui est ce qui nous a permis d’exister puisqu’elle est à la base de la formation de la matière, est annulée par l’énergie négative représentée par la gravité.

L’effet d’un tunnel quantique

La création d’un univers comme le nôtre pourrait avoir été réalisée en exploitant l’effet tunnel quantique. Il s’agit d’un phénomène de la mécanique quantique selon lequel un objet quantique peut franchir une barrière de potentiel même si son niveau d’énergie est inférieur au niveau d’énergie minimal requis pour franchir la barrière de potentiel.
L’hypothétique civilisation qui disposerait d’une telle technologie aurait probablement résolu l’un des plus grands chaînons manquants de la physique : le lien entre la mécanique quantique et la gravité qui conduirait à la soi-disant “théorie du tout”.

Univers enfants : générations infinies

La création d’un nouvel univers pourrait être une attitude générationnelle : une civilisation suffisamment avancée serait capable de produire un autre univers dans lequel une autre civilisation suffisamment avancée pourrait naître, créant un autre univers “enfant”, et ainsi de suite dans une série presque infinie.
À partir d’une telle approche, on peut déduire que notre univers pourrait également abriter une civilisation si avancée qu’elle pourrait se permettre de créer des univers “enfants”. C’est comme si notre univers était une entité biologique qui conserve son ADN à travers de multiples générations d’univers. Si tel était le cas, il y aurait une série infinie de différents surgissant les uns après les autres et dont l’origine première, quelle qu’elle soit, serait toujours différente des univers tels que nous les connaissons.

Notre civilisation est encore cosmologiquement stérile

En ce sens, notre civilisation, n’ayant pas atteint un niveau technologique permettant d’en créer de nouveaux, serait “encore cosmologiquement stérile”, comme le définit Loeb lui-même, puisque nous ne pouvons pas créer un autre monde comme celui qui nous a créés.
La métrique pour caractériser le niveau technologique d’une civilisation ne devrait donc plus être représentée par l’échelle de Kardašëv, qui estime le niveau technologique d’une civilisation par les quantités d’énergie qu’elle est capable de tirer d’une planète, d’une étoile ou d’une galaxie entière. La métrique devrait être représentée par les niveaux de capacité d’une civilisation à reproduire les conditions astrophysiques plus ou moins similaires à celles qui ont conduit à sa naissance.

Les classes de l’échelle Loeb

À cet égard, cette nouvelle échelle hypothétique serait représentée par au moins quatre classes, selon le scientifique : une classe D représentant une civilisation qui détruit son habitat naturel, par exemple comme nous le faisons avec le changement climatique en cours. Une classe C, représentant une civilisation qui est incapable de recréer ne serait-ce que les conditions d’habitabilité de sa propre planète pour survivre à l’étoile lorsqu’elle meurt. La classe B représente une civilisation qui est capable de réguler son environnement de manière à devenir indépendante de l’étoile autour de laquelle tourne sa planète. Il y a ensuite le niveau le plus élevé, la classe A, inhérent à une civilisation capable de recréer des conditions cosmiques similaires à celles qui ont donné naissance à la civilisation elle-même. C’est le cas des civilisations qui parviennent à créer des univers “enfants”.

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