Le prochain supercontinent : voici à quoi pourrait ressembler la Terre dans plus de 200 millions d’années.

Les deux scénarios futurs possibles envisagés par les chercheurs : un supercontinent (Aurica) principalement concentré autour de l’équateur et un supercontinent (Amasia) principalement concentré autour du pôle Nord (crédit : Way et al. 2017, ApJS, 231, 21 (DOI : 10.3847/1538-4365/aa7a06)).

Nous savons que les continents de la Terre sont en mouvement constant, bien que très lentement, et que leur conformation n’a jamais été la même au cours des 4 milliards et demi d’années de l’histoire de la Terre. Par exemple, il y a environ 200 millions d’années, il n’y avait qu’un seul grand continent, appelé Pangée, dont les zones se déplaçaient alors sur les plaques tectoniques, donnant vie à la conformation des continents que nous voyons aujourd’hui, et elles continuent encore à se déplacer aujourd’hui.
Mais que se passera-t-il à l’avenir ? Y aura-t-il un nouveau supercontinent ? Et quels seront les effets sur le climat mondial ?
Pour répondre à ces questions, un chercheur a élaboré une nouvelle étude dans laquelle deux scénarios possibles sont envisagés.

A l’avenir, il y aura un nouveau supercontinent

Selon les théories les plus populaires, dans le futur, probablement dans plus de 200 millions d’années, un autre supercontinent sera réformé qui comprendra la plupart des terres émergées que nous voyons aujourd’hui. Ce continent pourrait être concentré en Antarctique, autour du pôle Nord, dans ce cas les chercheurs l’ont appelé “Amasia”. Mais il existe une autre possibilité : les continents que nous voyons aujourd’hui pourraient se rassembler autour de l’équateur dans environ 250 millions d’années. C’est le cas du supercontinent “Aurica”.

La forme du futur supercontinent influencera le climat mondial

Ces possibilités ont fait l’objet d’une nouvelle étude dirigée par Michael Way, physicien à l’Institut Goddard pour les études spatiales de la NASA. Le chercheur s’est notamment penché sur les différences climatiques qui caractériseront le prochain supercontinent par rapport à la situation actuelle.
Compte tenu des changements qui affecteront la circulation atmosphérique et océanique, la formation d’Amasia ou d’Aurica aurait des effets profonds sur le climat mondial.

Premier scénario : le supercontinent Aurica autour de l’équateur

Dans le scénario Aurica, où tous les continents se rassembleraient autour de l’équateur, la température mondiale augmenterait de 3 °C. L’arrière-pays du supercontinent équatorial serait probablement très sec et peut-être qu’une grande partie de ces terres ne seraient pas arables (tout dépendra de la répartition des lacs et du régime des précipitations).

Deuxième scénario : le supercontinent Amasia autour du pôle Nord

En revanche, à Amasia, où les supercontinents se rassembleront autour du pôle Nord, les températures mondiales deviendront beaucoup plus froides. Avec un pôle qui serait davantage couvert par la terre puis par la glace, la chaleur réfléchie dans l’espace serait également plus importante et donc les températures mondiales seraient plus basses.
Il y aurait beaucoup plus de chutes de neige, comme l’explique Way lui-même, et le niveau de la mer baisserait également parce que plus d’eau se lierait aux calottes glaciaires polaires. Il y aurait très peu de terres disponibles pour la récolte.

L’extension des mers dépendra de la conformation du supercontinent.

Un fait intéressant, dans les modèles créés par le chercheur, est que dans le cas d’Amasia, celle dont le supercontinent se trouve au pôle Nord, 60% de la Terre serait recouverte d’eau liquide alors que dans le cas d’Aurica, ce serait 99,8% d’eau liquide.

Informations importantes également pour l’analyse future des exoplanètes

Ce sont des modèles qui nous rappellent, lorsque nous analysons les surfaces des exoplanètes, qu’il est important de considérer la disposition du continent lui-même sur la planète et pas seulement sa présence ou son absence dans la zone dite “habitable” autour de l’étoile.
Une conformation continentale peut conduire à des résultats très différents, par rapport à une autre, en termes de température de surface. Actuellement, avec les outils dont nous disposons, nous ne pouvons pas encore analyser en détail la répartition réelle de la terre ferme et des mers sur d’autres planètes en dehors du système solaire, mais nous espérons que les choses vont changer à l’avenir et des études comme celles-ci pourraient s’avérer très utiles.

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