Le Groenland perd 200 gigatonnes de glace par an.

En comparant les données des satellites ICESat et ICESat 2, les chercheurs sont capables d’identifier les différences de détection et de pente avec des détails sans précédent (crédit : Doi : 10.1126/science.aaz5845 | Science)

Une étude publiée dans la revue Science, qui est passée largement inaperçue, montre que la calotte glaciaire du Groenland perd environ 200 gigatonnes de glace par an et celle de l’Antarctique 118 gigatonnes de glace en moyenne par an.
Une gigatonne équivaut à un milliard de tonnes : une gigatonne d’eau pourrait remplir 400 000 piscines olympiques ou recouvrir tout le Central Park de New York de glace de plus de 300 mètres de haut.

Les résultats ont été obtenus grâce aux données du satellite ICESat-2, lancé par la NASA en 2018 précisément pour effectuer des mesures détaillées de la surface de la Terre, en particulier des niveaux d’altitude, incluant ainsi les zones gelées. Ces données ont été comparées aux données des satellites des années précédentes, y compris le premier ICESat de 2003 à 2009.
Ce sont, au total, 16 années de données qui, comme l’explique Ben Smith, glaciologue à l’Université de Washington et premier auteur de l’étude, nous permettent d’être plus confiants en termes d’adhésion à la réalité.

ICESat-2 collecte des données depuis 2019 grâce à différents instruments dont le principal, le laser altimètre, qui, grâce à l’envoi de 10 000 impulsions laser par seconde, est capable de détecter les niveaux d’altitude avec une extrême précision, ce qu’il fait notamment pour les calottes glaciaires de la Terre. Avec un tel instrument, il est en effet possible de comprendre le changement d’épaisseur de seulement 2 cm d’une couche de glace entière en un an.
La réduction la plus significative a été identifiée par les chercheurs du Groenland. Dans cette région, par exemple, les glaciers Kangerdulgssuaq et Jakobshavn ont fondu à une telle vitesse qu’ils ont perdu de quatre à six mètres d’altitude par an.