Le bois mort des forêts libère beaucoup de dioxyde de carbone dans l’atmosphère.

Crédit : AStoKo, Pixabay, 4534311

Même le bois des arbres en décomposition libère plusieurs tonnes de carbone dans l’atmosphère chaque année, selon un article de The Conversation rédigé par les auteurs d’une nouvelle étude publiée dans Nature.[2]
Bien que le bois “mort” joue lui-même un rôle essentiel dans les écosystèmes forestiers, il libère du carbone en se décomposant. Une partie de ce carbone finit sous terre, mais une autre se retrouve dans l’atmosphère, contribuant à l’effet de serre et exacerbant les effets déjà graves du réchauffement climatique en cours.[1]

Le bois mort stocke 73 milliards de tonnes de carbone par an.

Les chercheurs ont calculé que le bois mort des forêts du monde entier stocke 73 milliards de tonnes de carbone. Environ 15 % de ce carbone, soit près de 11 milliards de tonnes, est ensuite libéré dans l’atmosphère et dans le sol. Il s’agit d’une quantité importante car, selon les calculs des chercheurs, elle est légèrement supérieure à l’ensemble des émissions mondiales dues à la combustion de combustibles fossiles.
Toutefois, les chercheurs eux-mêmes calculent que ce montant augmentera au fil des années. La libération est facilitée par l’activité des insectes et d’autres organismes, et avec le changement climatique en cours, la voie semble toute tracée.

Les insectes contribuent à la décomposition du bois mort.

La façon dont les insectes contribuent à la décomposition du bois mort, en fait, comme l’ont calculé les chercheurs, dépend fortement du climat. La vitesse de décomposition du bois semble augmenter avec la température. Dans les régions tropicales, par exemple, il est disproportionnellement plus élevé que dans d’autres régions plus froides.
Dans les régions tropicales, le bois mort perd de la masse, en moyenne, de 28,2% chaque année. Dans les régions plus tempérées, la perte de masse moyenne est de 6,3 %. Cela s’explique par le fait que sous les tropiques, il y a une plus grande biodiversité, notamment d’insectes et de champignons, ce qui facilite la décomposition. Les insectes et autres organismes consomment le bois et le transforment en petites particules, ce qui accélère la décomposition. Enfin, il existe des espèces fongiques qui jouent un rôle dans les étapes finales de cette composition, en “complétant le travail”.

3,2 milliards de tonnes par an de carbone libéré par les insectes

Les chercheurs ont estimé que l’activité des insectes est responsable de la libération de 3,2 milliards de tonnes de dioxyde de carbone dans l’environnement chaque année, soit environ 29 %.
Il s’ensuit que le changement climatique en cours ne fera qu’augmenter la quantité de carbone libérée chaque année par le bois en décomposition. Le climat se réchauffera, il y aura plus d’insectes et la vitesse de décomposition sera accélérée.

85% du bois mort reste encore sur le sol

Enfin, les chercheurs ont constaté que 85 % du bois mort reste sur le sol de la forêt et continue de stocker du carbone chaque année. Il est donc essentiel de laisser ce bois en place, sans tenter de l’enlever de quelque manière que ce soit. Si elle était brûlée, par exemple (comme c’est le cas avec le nombre croissant d’incendies de forêt), elle libérerait beaucoup plus de carbone que celui émis par la combustion des combustibles fossiles.

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