La vitamine K produite par les bactéries dans les intestins peut être utile pour traiter l’ostéoporose.

La vitamine K produite par certaines espèces de bactéries dans nos intestins pourrait s’avérer très importante pour renforcer nos os. Deux chercheurs, Kyla Shea du Laboratoire de la vitamine K du Centre de recherche sur le vieillissement de la nutrition humaine (HNRCA) (Université de Tufts), et Chris Hernandez de l’Université de Cornelia, sont de cet avis.

Hernandez avait déjà découvert en 2017, l’année où il a publié une étude sur la Journal of Bone and Mineral Research (en anglais)que cette vitamine pourrait souvent être liée au risque de fractures mais pas à la densité osseuse. C’est pourquoi il a rejoint le laboratoire HNRCA pour développer ses idées : « Le HNRCA est l’endroit idéal pour faire des recherches sur cette question. Non seulement il dispose des experts mondiaux de la biochimie de la vitamine K, mais il possède également des structures uniques qui permettent de manipuler la forme de la vitamine qui est impliquée ici et de surveiller le processus », explique le chercheur.

Le même chercheur explique que le renforcement des os pourrait être non pas tant la vitamine K qui provient de notre alimentation (principalement des légumes verts) que celle synthétisée par certaines espèces de bactéries intestinales lorsqu’elles l’acquièrent. Le mécanisme exact par lequel cette vitamine K synthétisée à partir de la bactérie renforce les os reste à comprendre.
« La vitamine K est un cofacteur enzymatique nécessaire au fonctionnement de certaines protéines », explique M. Shea. « L’un d’eux, l’ostéocalcine, est la protéine non collagène prédominante dans les os. »
Cette dernière est une protéine qui parvient à créer une sorte de matériau mou à l’intérieur de l’os lui permettant d’être moins fragile.

Ces informations pourraient être utiles pour le traitement de l’ostéoporose. Comme l’explique le chercheur, cette maladie est généralement traitée en essayant d’améliorer la densité minérale osseuse, mais il peut y avoir d’autres moyens d’améliorer la qualité des os.
Le chercheur, par exemple, émet l’hypothèse qu’on pourrait modifier le microbiome de l’intestin en lui faisant produire plus de vitamine K, que celle synthétisée par la bactérie (également appelée vitamine K2), qui devrait réellement bénéficier aux personnes souffrant d’ostéoporose. Et cette procédure éviterait au sujet de devoir manger plus de légumes verts ou de prendre régulièrement des suppléments de vitamines.

Ce ne sont que des hypothèses, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir mais ces nouvelles hypothèses, suggérées dans un nouvel article publié sur le site de l’université Tufts, montrent une fois de plus à quel point les micro-organismes qui vivent à l’intérieur de notre corps, les soi-disant « microbes », sont plus importants que nous ne l’avons jamais cru ou calculé auparavant.