Détruire un astéroïde avec une bombe atomique : ce n’est pas de la science-fiction, ça peut être utile

Crédit : AlexAntropov86, Pixabay, 6400669

L’une des méthodes souvent évoquées en matière de défense planétaire contre les impacts futurs d’astéroïdes d’une certaine taille sur notre planète est celle de la déviation de son orbite au moyen d’une déviation “artificielle”. Cette déviation peut être provoquée gravitationnellement par un objet proche, tel qu’un vaisseau spatial envoyé depuis la Terre, ou même par un objet percutant ou une explosion nucléaire à proximité de l’astéroïde. En fait, c’est l’un des moyens les plus efficaces pour les scientifiques de s’assurer qu’un astéroïde ne nous frappe pas.

Bombe pour briser les astéroïdes : ce n’est plus une option de science-fiction

Toutefois, on se rend compte que cette option n’est pas toujours applicable. Avec des délais d’alerte trop courts, on n’aurait pas le temps non seulement de concevoir la mission et de mettre en place toutes les étapes, mais aussi de provoquer une déviation suffisante de l’orbite de l’astéroïde pour nous éviter.
Nous revenons donc à ce qui, au moins jusqu’à il y a 15-20 ans, grâce aussi à certains films de science-fiction bien connus, était l’option à laquelle on pensait le plus souvent (ou peut-être était-ce celle à laquelle le public faisait le plus référence) lorsqu’on parlait des dangers de l’impact d’un astéroïde : le réduire en plusieurs morceaux avec une explosion typiquement créée par une bombe nucléaire frappant sa surface.

Écrasement d’astéroïdes : des simulations rassurantes

Une nouvelle étude, publiée dans Acta Astronautica et réalisée par le chercheur Patrick King, envisage justement cette hypothèse. Le chercheur a calculé les différentes orbites des morceaux d’astéroïdes résultant de l’écrasement et comment leurs différentes vitesses peuvent influencer leur destin, notamment leur impact éventuel sur notre planète.
Tout d’abord, le chercheur apporte une précision tout à fait rassurante : pour tous les scénarios qu’il a envisagés, le fait de briser l’astéroïde deux mois seulement avant la date prévue de l’impact terrestre réduit considérablement la fraction de la masse impactée.

Le scénario prévoit une bombe de 1 mégatonne

Bien sûr, pour les astéroïdes plus gros, la dispersion des petits morceaux serait moins prononcée, mais même dans ce cas, 99 % de la masse de l’astéroïde manquerait la Terre si la dispersion se produisait au moins six mois avant la date de l’impact.
Les scénarios envisagés consistent à placer un engin nucléaire d’une mégatonne qui exploserait à quelques mètres de la surface de l’astéroïde. L’astéroïde considéré dans les scénarios avait un diamètre de 100 mètres, soit un cinquième de la taille de l’astéroïde Bennu.

Calculs complexes

La difficulté de réaliser de telles études, comme le souligne King lui-même, réside dans le calcul de toutes les orbites des fragments, un calcul beaucoup plus complexe que celui qui est habituellement effectué lorsqu’il s’agit uniquement de réaliser la déviation artificielle d’une orbite.
Quoi qu’il en soit, ce sont des calculs que nous devons commencer à faire sérieusement, car avoir une seconde chance, au cas où la déviation de l’orbite d’un astéroïde ne serait pas réussie, est une opportunité fondamentale pour sauvegarder la planète de ce danger.

Tout dépend du temps dont vous disposez.

De manière générale, le chercheur estime que si l’on dispose de beaucoup de temps, par exemple des décennies, il est toujours préférable d’opter pour la déviation de l’orbite du corps impactant. En revanche, lorsque le temps disponible se mesure en quelques mois, disposer d’une seconde chance telle que la bombe nucléaire pour l’écrasement est essentiel.

Vidéo

Hot news

A ne pas manquer