Création d’entreprise : que faut-il savoir avant de se lancer ?

Création d'entreprise que faut-il savoir avant de se lancer

De plus en plus de personnes rêvent de devenir leur propre patron. Mais avant de franchir le pas de la création d’entreprise, mieux vaut se renseigner pour savoir vers quoi l’on s’engage réellement. Car avoir une idée et de l’audace ne suffit pas à rendre un projet viable. Zoom sur les informations indispensables au créateur d’entreprise.

Les facteurs clefs de succès pour réussir sa création d’entreprise

Une fois que nait l’idée de sa future entreprise, il est important de la faire germer. De nombreuses questions sont soulevées dès cette étape de l’entrepreneuriat, déterminantes pour le futur de l’entreprise.

Réaliser une étude de marché poussée

La veille concurrentielle commence bien avant que l’entreprise ne soit officiellement lancée. Il est important de faire une étude de marché poussée.

Il s’agit de mesurer la concurrence, les offres similaires, les différenciations. La zone de chalandise est aussi à déterminer, ainsi que le profil de la cible, ses habitudes, ses attentes, autrement dit, le persona. Une stratégie commerciale de conquête et de même de fidélisation doit se dessiner en amont de la date officielle de création de l’entreprise.

Il est important de rester toujours en état de veille pour affiner et adapter sa stratégie au fil du temps. Ceci afin d’assurer la pérennité de son business.

Bien choisir son statut

Créer son entreprise en parallèle de son emploi ou à temps est une chose. Mais il faut savoir sous quelle forme monter sa boite.

Plusieurs statuts sont proposés aux entrepreneurs, chacun ayant ses propres caractéristiques.

Selon le statut pour lequel le créateur d’entreprise opte, il protège plus ou moins son patrimoine personnel, récupère ou non la TVA, pourra être salarié ou non de l’entreprise, s’expose à des obligations légales différentes. Mieux vaut donc réfléchir dès le départ au cadre légal ou se faire accompagner d’experts en la matière.

Cela vous prémunira de bien des désagréments et monter sa société épaulé par un cabinet comptable n’est pas si onéreux que ça.

Pour vous donner une idée, la création d’entreprise à Paris avec expert comptable varie de 800 à 3000 euros (honoraires et dépôt d’actes compris). Un expert peut vous aider à rédiger les statut ou vous accompagner sur toute la durée de la création, ce qui explique les différences de tarification. Le prix peut être aussi nettement supérieur si la création d’entreprise nécessite l’intervention d’un commissaire aux apports.

Le fait d’entreprendre seul ou avec des associés ou encore le CA prévisionnel influent aussi le statut juridique.

Création d'entreprise que faut-il savoir avant de se lancer

Les différents statuts pour une entreprise sont :

  • la micro-entreprise ou le régime auto-entrepreneur  (AE);
  • l’Entreprise Individuelle (EI) ;
  • l’Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée (EIRL)
  • la Société Anonyme à Actions Simplifiées (SAS) ;
  • la Société Anonyme à Responsabilité Limitée (SARL) ;
  • l’Entreprise Universelle à Responsabilité Limitée (EURL) ;
  • la Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle (SASU) ;
  • la Société Anonyme (SA) ;
  • la Société en Nom Collectif (SNC).

Pour celles et ceux qui ne souhaitent pas créer une entreprise à proprement dite, vous avez, selon la nature de votre activité, aussi la possibilité du portage salariale, si vous êtes par exemple consultant.

Faire un business plan complet

Le business plan est un précieux document de travail. De lui dépend la faculté à convaincre des investisseurs du bienfondé d’un projet et donc de la capacité à trouver des financements. Le business plan doit être lisible, concis mais précis. Sa rédaction doit être efficace, soignée. Il est donc conseillé d’y consacrer autant de temps que nécessaire, en réfléchissant bien aux arguments mis en avant.

Création d'entreprise que faut-il savoir avant de se lancer

Le business plan doit être suffisamment détaillé pour mettre en rapport la trésorerie nécessaire au lancement de l’entreprise, mais aussi sa rentabilité prévisionnelle, avec les retours sur investissement et bénéfices à court, moyen et long termes. A minima, sur 3 ans.

Le capital apporté, les emprunts sollicités, un bilan comptable et un compte de résultat sont des données essentielles à inclure dans son business plan.

Les étapes clefs

Plusieurs étapes sont nécessaires pour officialiser le lancement d’une entreprise.

Choisir la dénomination sociale et la domiciliation

Une fois le projet clairement défini, il est temps de penser au nom de l’entreprise : sa dénomination sociale. Elle doit être unique et, idéalement, facilement mémorisable par les futurs clients. Souvent, le nom de l’entreprise est explicite et choisi en lien avec le secteur d’activité, mais cela reste à la discrétion des entrepreneurs.

Pour protéger sa marque, il est indispensable de la déposer auprès d’un organisme compétent, l’INPI.

Dès que le choix de la dénomination sociale est arrêté, il est recommandé de chercher et de réserver aussitôt un nom de domaine pour le site internet de l’entreprise. Ils se réservent eux-aussi, et peuvent vite devenir indisponibles compte tenu du nombre de sites web qui s’ouvrent chaque jour.

L’entreprise doit aussi être domiciliée. L’activité peut se dérouler au domicile de l’entrepreneur ou dans un local loué ou acheté à cet effet. Dans tous les cas, la domiciliation d’une entreprise doit être déclarée officiellement.

Faire immatriculer son entreprise

Faire immatriculer son entreprise est obligatoire. Des démarches administratives en ce sens doivent être effectuées, selon le statut juridique choisi. Peuvent ainsi être demandés : les statuts de la future entreprise dûment rédigés, une annonce légale de création d’entreprise, une preuve de dépôt du capital sur un compte affecté, divers formulaires Cerfa…

Un numéro de SIRET et un numéro de SIREN unique sera attribué à la nouvelle entreprise créée.

Différents organismes peuvent être contactés pour effectuer cette démarche d’immatriculation : la CCI, la Chambre des Métiers de l’Artisanat, la Chambre d’Agriculture, l’URSSAF.

Les aides pour constituer son capital

Des aides peuvent être attribués aux entrepreneurs : ACCRE, ARCE, réductions d’impôts, prêts financiers…

L’entrepreneur ne doit pas hésiter à se renseigner en amont auprès des différents organismes qui sont susceptibles de lui verser des prestations d’aides à la création ou à la reprise d’entreprise.

Déposer plusieurs dossiers peut être utile pour optimiser son projet, avec des délais d’instruction variables. Il est donc préférable de se renseigner très tôt pour être prêt le moment venu et trouver rapidement les fonds nécessaires à son lancement.

Ouvrir un compte bancaire professionnel

Une obligation légale des entrepreneurs porte sur l’ouverture d’un compte bancaire dédié exclusivement à leur activité. Il s’agit de faire la part des choses entre les avoirs de l’entreprise et les avoirs privés.

Les organismes financiers proposent à ce titre des comptes bancaires professionnels. Mais pour certains statuts, un compte dédié est suffisant.

Les modalités et le coût des comptes proposés diffèrent selon les opérateurs. La mise en concurrence permettra de trouver la meilleure offre pour répondre aux besoins de la jeune entreprise.

Créer ses espaces personnels sur les sites web utiles

Régulièrement, l’entrepreneur devra faire des déclarations. Il est préférable de créer dès que possible des espaces personnels sur les différents sites internet des administrations : impôts, URSSAF…

Il en va de même sur les sites des prestataires et partenaires, comme la banque par exemple, pour faciliter le suivi de son dossier.

Les erreurs à éviter

Penser à entreprendre est un chose, le faire en est une autre. Il faut se projeter au maximum dans la position de futur chef d’entreprise et prendre conscience de tout ce que cela implique. Car souvent l’image du patron est réductrice, voire faussée.

Une introspection est nécessaire pour faire le point sur sa motivation. Celle-ci doit être réelle, à toute épreuve. Car le parcours de la création d’entreprise peut s’avérer long et complexe, semé d’embûches. Mieux vaut donc s’assurer qu’il ne s’agisse pas d’une lubie et ne pas se lancer sur un coup de tête.

De nombreuses remises en question jalonnent souvent le parcours du créateur d’entreprise, qui doit savoir se relever de ses échecs pour mener à bien son projet.

Il peut aussi être nécessaire de se former, pour parfaire ses compétences et combler certaines lacunes.

L’investissement en temps est énorme, pendant et après la création d’une société: établissement d’un business plan, prospection d’investisseurs et de clients, recherche de locaux, démarches administratives… Les chantiers sont nombreux.

Certaines démarches nécessiteront un budget, plus ou moins conséquent selon le projet. Il faut donc être prêt à investir aussi sur le plan financier.

Surtout, il ne faut pas sous-estimer l’ampleur de ce que représente la création d’entreprise, car la réalité saura bien vite rattraper les doux-rêveurs.

Aussi, même si l’enthousiasme de monter son affaire est bien compréhensible, il faut absolument éviter de brûler les étapes. Cela s’avèrerait au contraire contre-productif et pourrait faire perdre du temps plutôt que d’en gagner.

L’entrepreneuriat est séduisant sur biens des aspects, à condition de mettre toutes les chances de réussite de son côté. Il faut savoir prendre son temps pour étudier toutes les options qui s’offrent à soi, tout en avançant, étape par étape. L’investissement personnel et la préparation sont primordiaux pour réussir à mener à bien son projet qui doit être construit, pour faire les bons choix et assurer la viabilité de son entreprise nouvellement créée. Etre bien informé dès le départ permet d’être plus réactif par la suite et de pouvoir saisir les bonnes opportunités dès qu’elles se présentent.