La FabricA, enfin une salle de répétition pour le festival d’Avignon.

La FabricA, enfin une salle de répétition pour le festival d’Avignon.

Soixante-six ans après sa création, le festival va finalement pouvoir accueillir ses artistes. Un nouveau lieu de résidence et de répétitions qui devrait ouvrir en juin 2013. La FabricA, reprenant le fameux A majuscule du festival ne se veut pas une simple salle supplémentaire mais bien combler un vide et surtout revenir au principe cher de Jean Vilar : la démocratisation culturelle.

 

« Le plus grave problème à résoudre est le problème de l’architecture. Il faut construire des salles au milieu des agglomérations populaires et des salles qui unissent le public, au lieu de le diviser ». Nous sommes en 1955 lorsque ces mots sont écrits par Jean Vilar au sein « de la tradition théâtrale. » Des mots qui font sens aujourd’hui alors que les plans de la FabricA viennent d’être dévoilés. Car c’est bien la question aujourd’hui : le festival devait se doter d’un lieu à la fois de répétitions, de représentations et d’échanges. Un projet porté par les directeurs Hortense Archambault et Vincent Baudriller dès leur premier mandat en 2004.

Située à l’intersection des quartiers de Champfleury et de Monclar (à l’angle de l’avenue Eisenhower et de la rue Paul Achard), tous deux en rénovation urbaine, la FabricA sera un lieu de travail pour les artistes du festival. Dotée d’une salle de répétitions de 900 m², pour une surface totale de près de 4000m², les compagnies pourront venir sur plusieurs semaines pour fabriquer et répéter leurs spectacles. Une scène conçue (38 mètres de large et 23 mètres de profondeur) pour les créations présentées ensuite dans les grands lieux du festival, comme le Palais des Papes.

Un lieu de résidence aussi avec un espace de vie inspiré des cloîtres avignonnais : dix-huit logements seront construits autour d’un patio central, permettant ainsi aux artistes de vivre ensemble, et de se rencontrer. Des espaces techniques sont également prévus avec notamment un studio audiovisuel. Quant à l’atelier de décor, envisagé au départ, il sera différé pour des raisons budgétaires.

Mais la FabricA se veut aussi lieu de représentations puisqu’en juillet, elle se transformera en salle de spectacles pouvant accueillir jusqu’à  six-cent personnes et de grandes productions aux scénographies importantes. « Pareil équipement fait aujourd’hui défaut à Avignon » selon Hortense Archambault et Vincent Baudriller, les deux directeurs du festival. Un manque que Jean Vilar lui-même déplorait. Ecoutez à ce propos Vincent Baudriller.

 

 Donner accès au travail des artistes et s’adresser à tout le monde                                                                                                                        

Vincent Baudriller, directeur du Festival d’Avignon

L’enjeu de la FabricA, ancrée dans un quartier populaire, est également de devenir un point de rencontres entre les artistes en création et la population. La résidence ouvrira ainsi ses portes pour partager le processus artistique avec les habitants du quartier qui pourront alors assister à des répétitions. Objectif : favoriser la mixité, sensibiliser de nouveaux publics et revenir aux valeurs de démocratisation culturelle de Jean Vilar, « un théâtre ouvert à tous, sans aucune restriction ». Fin février, alors ministre de la culture, Frédéric Mitterrand était venu à Avignon pour présenter ce projet, il avait insisté sur le fait que ce nouveau bâtiment aurait un  impact à la fois artistique mais aussi social.

 

Installer au cœur d’un quartier en rénovation urbaine le poumon du festival.                                                                                                                                      

Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture

D’un coût de 10 millions d’euros, dessinée par l’architecte Maria Godlewska, la FabricA ouvrira ses portes pour l’édition 2013. Les directeurs Hortense Archambault et Vincent Baudriller auront alors le plaisir de terminer leur mandat avec cette nouvelle page de l’histoire du festival, ce projet qu’ils ont porté à bout de bras, avant de passer la main à Olivier Py en 2014.

 

Maud Fontanel

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