En PACA, une famille monoparentale sur trois est pauvre

En PACA, une famille monoparentale sur trois est pauvre

Mercredi dernier, l’INSEE a publié une étude sur la pauvreté en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Selon celle-ci, 15,7 % de la population dans notre région vivait sous le seuil de pauvreté en 2009, soit avec moins de 954 euros par mois ; un chiffre faisant de la région PACA la 4ème de France en terme d’importance du taux de pauvreté. Une pauvreté qui touche principalement les jeunes et les familles monoparentales. Françoise Leduc, co-auteur de l’étude, nous donne quelques éléments d’explication.

 

Mlactu : Selon votre étude, la région PACA est la 4ème région la plus pauvre de France ; comment peut-on l’expliquer ?

Françoise Leduc : « C’est une région où le taux de chômage est vraiment très élevé. La pauvreté de la population est très liée au taux de chômage. Beaucoup de chômeurs, beaucoup de familles monoparentales sont les facteurs explicatifs principaux ainsi que le taux d’activité des femmes qui est très faible en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Du coup, ces facteurs influent sur le taux de pauvreté. »

Mlactu : Les jeunes sont d’ailleurs particulièrement touchés par la pauvreté dans la région. 22, 4 % des moins de 19 ans sont pauvres.

Françoise Leduc : « Effectivement, les jeunes sont très touchés parce qu’en fait comme on a un fort taux de chômage et que le chômage touche beaucoup les jeunes et bien c’est cette mécanique-là qui fait que les jeunes sont touchés ! »

Mlactu : 31 % des familles monoparentales vivent avec moins de 957 euros par mois. C’est énorme !

Françoise Leduc : « Oui parce qu’en général, les familles monoparentales concernent essentiellement les mères qui élèvent leurs enfants. L’adulte d’une famille monoparentale est donc en grande majorité la femme et par définition les femmes sont plus exposées que les hommes à la précarité parce qu’elles ont des emplois plus souvent à temps partiel et moins bien rémunérés. C’est ce qui fait que les familles monoparentales sont particulièrement touchées par la pauvreté dans la région. De plus, par définition il n’y qu’une seule rentrée de revenu dans une famille monoparentale ».

Mlactu : 954 euros par mois correspond au seuil limite dans votre calcul mais au sein des gens considérés par votre étude comme pauvres, quels écarts de revenus avez-vous observé ?

Françoise Leduc : « Parmi les gens qui touchent moins de 954 euros, on a regardé quel était le revenu qui coupait la population en deux ; et en fait la moitié des gens qui sont en dessous du seuil de pauvreté touchent 758 euros. Il y a donc près de 200 euros d’écart, ce qui fait beaucoup. Et encore on n’a pas regardé en dessous ».

Propos recueillis par Benjamin Dahler

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