Call of Duty méfie-toi, les indépendants du jeu vidéo cartonnent à Marseille

Call of Duty méfie-toi, les indépendants du jeu vidéo cartonnent à Marseille

Organisées par PRIMI, un réseau d’entreprises tourné vers l’innovation et la production de contenu image, les premières rencontres professionnelles européennes du jeu vidéo indépendant se sont achevées hier, à Marseille. Durant deux jours, une dizaine de tables rondes et de conférences se sont tenues dans l’enceinte de la bibliothèque l’Alcazar afin d’évoquer les différents aspects du jeu vidéo indépendant. Un marché qui, avec le développement toujours plus rapide d’internet a de beaux jours devant lui.

 

Il y a encore quelques années, n’importe quel créateur de jeux vidéo devait obligatoirement passer par un major de l’industrie du jeu pour pouvoir développer ses créations et les faire connaître au grand public. Avec le développement d’internet, c’est l’ensemble du modèle économique du jeu vidéo qui est en train de changer. En effet, aujourd’hui il n’est plus nécessaire de se rendre en magasin acheter un jeu « en boîte » pour avoir accès aux dernières nouveautés. Les jeux étant désormais téléchargeables sur une console comme sur un téléphone, les créateurs ou studios indépendants peuvent désormais plus facilement s’affranchir des grands éditeurs traditionnels.

« Il y a toujours eu une place pour les créateurs indépendants »

L’homme à l’origine de ces « Europeans Indie Games Days » est un « dinosaure » du jeu vidéo, comme il se définit lui-même. Il s’appelle Thierry Platon et travaille dans le milieu du jeu vidéo depuis 28 ans. Il est directeur de création de bip media à Hyères mais aussi Président de Gamesud (association des professionnels du jeu vidéo) et Vice-Président du SNJV (Syndicat national du jeu vidéo). Pour lui, il y a toujours eu de la place dans le monde du jeu vidéo pour les créateurs indépendants :
« Les mastodontes de l’industrie du jeu n’existeraient pas s'il n’y avait pas eu un fou au départ qui a eu l’idée de le faire. Toutes les industries créatives sont forcément conduites par des gens qui font de l’innovation, de la création et qui inventent des choses. « Call of Duty », il y a bien un mec qui l’a inventé au départ et c’était pas forcément gagné de faire un truc comme ça ».
Mais les grandes majors ne se diversifient que très peu. Chaque année, les dernières versions de PES, Call of Duty ou GTA sont mises au point pendant que les créateurs indépendants se penchent sur des nouvelles sortes de jeux et de nouveaux supports. Ainsi, l’apparition des jeux téléchargeables et donc la dématérialisation des jeux vidéo a permis l’explosion de créateurs indépendants.

 

 

La fulgurante ascension des jeux vidéo indépendants est donc également une histoire de passion : « Concernant les créations indépendantes, il y a plein de choses qui ne servent pas » explique Thierry Platon, « d’ailleurs, la plupart n’en ont rien à faire parce que ce sont des développeurs, des passionnés ; au mieux ils sont graphistes, parfois musiciens mais jamais des patrons d’entreprises » poursuit Thierry Platon.
Si dans le domaine du marketing et de la vente, les créateurs indépendants ont un gros retard sur les grandes industries du jeu vidéo, ils possèdent en contrepartie un avantage certain : la motivation.
Un atout indéniable que Jeff Minter, un des premiers créateurs indépendants de jeux vidéo au monde et invité d’honneur de ces rencontres européennes du jeu vidéo, résume très bien :
« Un créateur indépendant, c’est celui qui fait des jeux et qui espère par voie de conséquence qu’il va gagner de l’argent alors que les grandes majors font de l’argent et comme voie de conséquence, éventuellement, ils font un jeu ».
 

Benjamin Dahler

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