A cœur ouvert : malgré Juliette Binoche, le film manque de souffle
Tous les deux sont chirurgiens et s’aiment terriblement. Une passion immense, magnifique mais trop dévorante. Derrière ce tableau lisse, comme parfait, les failles sont pourtant là, détruisant tout sur son passage. Javier et Mila s’aiment à la vie, à la mort. Interprété par Juliette Binoche, toujours juste et Edgar Ramirez, très bon, A cœur ouvert, réalisé, par Marion Laine finit pourtant par s’essouffler, avec une fin nous laissant pour le moins perplexe.
Mila et Javier ne forment qu’un, opérant des cœurs ouverts à quatre mains le jour, faisant la fête et l’amour la nuit. Une vie commune qui malgré les années ne semble pas s’essouffler, une harmonie sans cesse renouvelée par des coups de folie, entre escapade nocturne dans un parc et son étang et soirée arrosée avec les amis. Malgré les disputes, rien ne semble pouvoir atteindre ces deux-là, mais entre le romantisme et la sensualité de ce couple, dans les interstices, une faiblesse commence à se dessiner. Javier boit très souvent et seul. Une addiction qui lui vaudra une mise au placard au sein de son hôpital, une absence sur le planning des chirurgiens qui sera alors comblée par sa femme, dans le bloc. La descente aux enfers va débuter alors que Mila, apprenant qu’elle est enceinte, décide seule d’avorter. Javier parviendra finalement à la faire changer d’avis. Pendant les mois suivants, elle continuera de se rendre au travail tout en gérant la grossesse non prévue, tandis que Javier, dans l’attente de l’enfant mais ne supportant pas la perte de son travail, va se noyer dans l’alcool. Des ivresses de plus en plus difficiles à supporter, Mila faisant l’autruche, refusant de voir la réalité.
L’intensité des sentiments, la destruction d’un couple, l’amour et la souffrance sont dans A cœur ouvert racontés avec subtilité, servis par deux grands comédiens, mais le film va finir par s’essouffler. Le schéma de ce duo fusionnel restera finalement toujours le même, entre cris et réconciliations. Dommage que ces longueurs fassent perdre en intensité le film. La fin, quant à elle, nous laisse dubitatif, une fin ouverte qui laisse un goût d’inachevé, voire d’incompréhension. La réalisatrice Marion Laine signe ici son troisième long métrage après Le fil d’Ariane pour la télévision, et Un cœur simple en 2008 avec Marina Foïs et Sandrine Bonnaire. Un début dans le monde de réalisation qui manque encore un peu d’assurance aujourd’hui.

Un très bon choix de casting
L’interprétation est par contre d’une très grande justesse : comme à son habitude, Juliette Binoche habite son personnage et éblouit l’écran. Celle qui obtint entre autres le César pour Trois couleurs-Bleu, le prix d’interprétation à Cannes pour Copie conforme et l’Oscar pour Le Patient anglais, livre une nouvelle fois un jeu fin, à fleur de peau et rempli d’émotion. Javier est quant à lui joué par Edgar Ramirez qui avait obtenu l’an dernier le César du meilleur jeune espoir pour la série Carlos, vu également dans les deux volets du Che réalisés par Steven Soderbergh. Il livre aussi une très belle interprétation, celle d’un homme à la fois bestial et fragile, d’une extrême complexité. Hippolyte Girardot est également à l’affiche. Tourné en Provence, A cœur ouvert reste un film honorable avec des comédiens à la hauteur, dommage que les longueurs perdent le spectateur qui ne parvient pas, malgré le sujet, à être réellement ému.
La bande-annonce d'A coeur ouvert
Maud Fontanel
Copyright : © MK2 Diffusion





Excellent film, qui nous
Excellent film, qui nous tient en haleine du début à la fin
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