A Aix-en-Provence, le rappeur Mister Yelo encourage les jeunes talents
Joachim Oseki alias Mister Yelo est un rappeur comme on en fait plus. Depuis plus de quinze ans, cet aixois tente de vivre de sa passion et surtout d’aider les jeunes qui veulent se lancer. En 2000, il créé donc Le’ Vice-Music, un label indépendant afin de promouvoir de jeunes artistes. Quelques années plus tard, l’association Aixcoast basée sur une dynamique d’aide au développement artistique voit le jour.
Mister Yelo fait partie de ces artistes qui savent tout faire. Auteur, compositeur, producteur, interprète, il réalise également les arrangements musicaux, dessine les pochettes des albums et tourne même les clips. A 31 ans, cet amoureux du rap n’a jamais renoncé à faire ce qu’il aimait :
« J’ai commencé à écouter du rap en 91- 92 et je m’y suis mis en 1994. A l’époque on était plein, quand on commence on est toujours nombreux et puis au final, on finit tout seul »
Mais la solitude ne fait pas peur à Mister Yelo. En lançant le label Le’ Vice-Music, le rappeur a pu s’autoproduire et dénicher d’autres artistes ayant le même objectif. Ils sont aujourd’hui six artistes en plus de Mister Yelo à se faire produire par ce label : Smoki, Holldop, Sokar, Kazzi, Mosna et Mahaline.
L’art de la débrouille
Dans un contexte de crise mondiale de l’industrie du disque, Mister Yelo a dû, pour s’en sortir utiliser le système D. Les locaux de l’association Aixcoast, situés dans un garage d’une petite rue d’Aix-en-Provence ont été totalement réaménagés par les membres de l’association jusqu’à y créer un véritable studio d’enregistrement. C’est d’ailleurs grâce aux revenus provenant de la location de ce studio qu’Aixcoast peut continuer à se développer.
« Depuis la création on essaye d’aider les jeunes au niveau du développement artistique, créer des petits événements comme des ateliers d’écriture. Là on est en passe de créer des ateliers de DJ et de MAO (musique assistée par ordinateur). Tout ça pour redonner un peu de moyens matériels à des jeunes qui ont envie de se lancer dans la musique et qui n’ont rien » explique Kader, responsable du développement et manager de l’association et du label.
Les moyens d’Aixcoast sont certes limités mais pour leurs membres, tout est une question de volonté : « On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a, on se débrouille comme on l’a toujours fait. On sait qu’on a la capacité de s’auto-gérer pour des petits événements » précise Kader.
Et le label Le’ Vice Music est capable du meilleur. C’est dans leur studio d’Aix en Provence que Ladéa, une des figures montantes du rap français a enregistré une bonne partie de ses morceaux : « la preuve qu’on est peut-être pas si mauvais » ironise le manager.
Des ateliers d’écriture à la réalisation de clips, la palette de compétence de Mister Yelo est donc bien vaste. Et c’est justement la transmission et le partage du rap auprès des plus jeunes qui le motive. Pour Mister Yelo malgré la crise qui secoue l’industrie musicale, faire du rap à l’heure actuelle, c’est toujours possible :
« A partir du moment où on aime faire ça et que l’on n’est pas basé sur l’aspect pécunier de la chose c’est possible. Je fais partie de cette génération qui est tombée amoureuse du rap sans qu’il y ait 1 franc à faire, donc l’aspect financier du rap n’a jamais été important pour moi. »
Avec le temps ce rappeur aixois qui se dit « inspiré par les rappeurs américains et motivé par IAM » a donc persévéré dans sa passion sans relâche, accumulant les qualifications et les domaines de compétences pour les mettre aux services de la jeunesse. Une initiative louable, qui n’aurait jamais vu le jour sans une détermination sans faille et une bonne dose de talent.
Benjamin Dahler





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