L’Idéal selon Frédéric Beigbeder

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VIDEO LIVE – Après L’amour dure trois ans, Frédéric Beigbeder revient à la réalisation pour la suite de 99F. Après s’être attaqué au milieu de la pub, avec L’Idéal il égratigne cette fois-ci le milieu de la mode. Avec Gaspard Proust et Audrey Fleurot au casting. Ca déménage ! Frédéric Beigbeder a répondu aux questions d’Mlactu, en direct de Montpellier grâce à Plussh, l’application permettant de réaliser des directs vidéos.

Frédéric Beigbeder, réalisateur de L'Idéal en avant-première à Montpellier - Crédit photo : T.W.

Frédéric Beigbeder, réalisateur de L’Idéal en avant-première à Montpellier – Crédit photo : T.W.

Mlactu : Déjà votre affiche brandit un doigt d’honneur. Qu’est-ce que cela fait pour vous, de pouvoir faire un doigt d’honneur dans toute la France ?

Frédéric Beigbeder : Ce doigt d’honneur a l’ongle verni par L’idéal Paris. Ce n’est pas seulement une injure faite aux passants mais plutôt une réflexion sur la manière dont on nous parle sur ces affiches. C’est un pastiche. J’aime aussi le slogan “La beauté c’est parfois moche”, cela dit tout en peu de mots.

Qu’est-ce que vous a fait la mode alors ?

Frédéric Beigbeder : Elle m’a traumatisé. Elle m’a fasciné. Elle m’a frustré. Elle m’a rendu jaloux, aigri, complexé. J’ai eu envie d’en faire partie et j’ai toujours envie de m’en moquer. Comme tout ce que je fais, tout ce que je suis. C’est une maladie en fait de toujours vouloir faire son autocritique. Je ne sais pas d’où cela vient, je n’ai peut-être pas assez d’imagination pour faire autre chose que de me moquer de moi.

Et être satirique, c’est une maladie ?

Frédéric Beigbeder : C’est une maladie très française, enseigné très tôt. Dès le collège on vous fait lire Molière, Voltaire. Donc finalement on se dit “Moi aussi je pourrais tourner en dérision les professions les plus grotesques de mon époque. Molière s’est attaqué aux médecins qui disaient n’importe quoi, aux précieuses ridicules, il faisait rire les gens avec des métiers un peu débiles ou avec un jargon abscons. Je ne me prends pas pour lui mais c’est exactement la même démarche.

Peu de personnes passent ce cap de la satire en France. Vous avez eu un peu de retenue avant de faire ce film ?

Frédéric Beigbeder : On ne peut pas. Si vous vous lancer dans une caricature, on ne peut pas se censurer. Au montage, des choses trop lourdes ou trop répétitives, trop explicatives ont été enlevées. Je n’ai surtout pas envie d’être donneur de leçons, à part à moi même. La définition de Stendhal me parait juste, même si lui parle d’un roman, un film, c’est un miroir que je tends aux gens pour qu’ils se reconnaissent.

Votre film et ce slogan “La beauté c’est parfois moche”, est-ce une mise en garde pour les femmes ou jeunes filles qui rêvent sur des magasines féminins ?

Frédéric Beigbeder : Oui. Et c’est pour dire aussi “regardez derrière”. Quand vous voyez un top modèle, jeune fille sublime ukrainienne de seize, c’est vous dire : “regardez derrière”. Des gens ont décidé que c’est un modèle à vous imposer. Ils se sont réunis, ils ont réfléchi. Si elle est blonde aux yeux bleus, blanche de peau et toute mince, c’est calculé. Alors qui sont ces gens et pourquoi veulent-ils imposer cela, quand je dis “La beauté c’est parfois moche”, oui, c’est l’envers du décor.

Etant aussi éditorialiste dans le magazine Lui, n’y a-t-il pas une dichotomie ?

Frédéric Beigbeder : Non. Il y a juste quelqu’un qui connait ces secteurs-là et qui raconte et témoigne.

Vous faites tourner pour la deuxième fois Gaspard Proust, c’est votre acteur Idéal ?

Frédéric Beigbeder : Oui, c’est vrai. On s’entend bien. On se comprend et on déconne bien ensemble. En plus il écrit merveilleuse et avec le même ton corrosif que j’affectionne, on se complète bien.

Et finalement l’acteur idéal, cela pourrait être vous, dans ce personnage d’Oscar.

Frédéric Beigbeder : Déjà, c’est compliqué de mettre en scène, alors si en plus je dois me concentrer sur le rôle… je crois que je n’y arriverai jamais. Je ne dis pas que je ne le ferai pas. Peut-être sur d’autres sujets. Il n’est pas impossible qu’un jour sur un autre sujet… Mon idole c’est Woody Allen et Woody Allen l’a beaucoup fait. Donc peut-être, plutôt que de demander à quelqu’un de faire le personnage, si je peux le faire moi-même cela ferait une économie ! (rire)

Prochaine satire ? Après la mode, la publicité… le foot, les réseaux sociaux, le ciné, la télé ?

Frédéric Beigbeder : Le foot, je ne suis pas compétent, les réseaux sociaux non plus. Le ciné peut être un bon sujet : un type qui se retrouve à diriger un film alors qu’il n’y comprend rien, cela pourrait être assez marrant. La télé aussi. J’ai passé une vingtaine d’années à être chroniqueur puis ensuite animateur, donc il y pas mal d’anecdotes à raconter… (rire)

La bande-annonce du film L’idéal, réalisé par Frédéric Beigbeder :

Frédéric Beigbeder, réalisateur de L'Idéal en avant-première à Montpellier - Crédit photo : T.W.

Frédéric Beigbeder, réalisateur de L’Idéal en avant-première à Montpellier – Crédit photo : T.W.

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