Euro 2016 et Top 14 : to win or not to win

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POV* – La France est un pays magnifique qui a toujours eu un rapport particulier avec le sport de haut niveau…Patrie de Pierre de Coubertin, Jules Rimet ou Gabriel Hanot entre autres, elle compte selon l’adage plus de 60 millions de sélectionneurs, ce qui nous rend disponibles pour débattre à loisir des compositions d’équipes et intellectualiser au possible chaque épisode d’envergure en créant souvent des polémiques là où le simple bon sens devrait nous commander de faire confiance à ceux qui ont le savoir.

Logo Euro 2016

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Habitués à beaucoup participer et peu souvent gagner, prenons deux exemples dans la semaine, un dans le football, l’autre dans le rugby, pour illustrer ce rapport spécial à la victoire et à la finalité de toute compétition sportive. La sélection du groupe des 23 pour l’EURO par Didier Deschamps a été l’occasion pour nos spécialistes en herbes de se déchirer, s’offusquer, voire crier au scandale notamment sur les cas d’Hatem Ben Arfa et Samuel Umtiti. Comment donc, notre DD aurait perdu la tête et se passerait de deux des plus talentueux joueurs de notre Ligue 1 ? Drame national et tintamarre incroyable sur les réseaux sociaux !

Sauf que, comme le martèle le coach des Bleus, une sélection ce n’est pas additionner les 23 meilleurs joueurs mais composer le meilleur groupe de 23 joueurs et là, la différence est de taille… Il faut tenir compte des compatibilités à l’intérieur du groupe et des relations techniques et affectives qui peuvent se créer en son sein. Et avoir été Champion du Monde, d’Europe et Vainqueur de la Ligue des Champions permet de bien le comprendre, c’est pour cela que Bixente Lizarazu disait exactement la même chose en 2014 avant le Mondial Brésilien lors de notre interview de présentation de la compétition : «Une compétition majeure pour une sélection c’est un long marathon qui dure 1 mois, sans compter la préparation au cours des semaines précédentes. Une épreuve d’usure. Tu dois parfaitement gérer le temps (très long!), la vie en communauté. Traditionnellement les rassemblements des sélections durent 2 ou 3 jours et là tu te retrouves à vivre ensemble 24h/24h pour plusieurs semaines. Le premier élément à prendre en compte est celui-ci. Le temps long de la compétition. Gérer la vie en communauté. Un groupe qui vit bien gère mieux son quotidien. Gare à l’ennui car il créé du stress et là…Gare aux conflits au sein d’une équipe aussi… »

Hatem Ben Arfa n’était pas en concurrence avec Olivier Giroud ou André-Pierre Gignac, mais bien avec Kingsley Coman ou Dimitri Payet et dans les deux cas le sélectionneur a estimé que ce qu’ils avaient démontré dans des championnats plus relevés que notre Ligue 1, ou en Ligue des Champions pour le bavarois, était plus concluant que le seul fait de briller dans la compétition hexagonale.

N’en déplaise à nos polémiqueurs invétérés, notre Ligue 1 est bien nettement inférieure en qualité technique et intensité de jeu aux autres grands championnats que sont la Premier League, La Liga ou la Bundesliga…

Même raisonnement pour Abdil Rami préféré à Samuel Umtiti comme suppléant de Raphaël Varane…Quoi de choquant à sélectionner le vainqueur de La Ligue Europa, auteur d’une très bonne saison, au détriment d’un bon défenseur central de notre championnat ?

Nous devons nous dire que se coltiner 3 ou 4 fois dans la saison au marquage Messi, Neymar, Suarez, Ronaldo ou Bale ainsi que bon nombre d’adversaires européens, est autrement plus formateur que défier certes Ibra, mais aussi et surtout les attaquants de La Gantoise, Corentin Jean, Souleymane Camara ou Martin Braithwaite (avec tout le respect que j’ai pour ces joueurs de qualité)…

Il semblerait que la logique du très haut niveau nous échappe parfois et que nous continuions à polémiquer afin de vendre du papier ou crier au complot contre tel ou tel club…

Comme si le sélectionneur en place n’était pas le plus compétent et le plus imbibé de la culture de la gagne…

Changeons de ballon et passons à l’ovale !

La controverse de la semaine concerne le Montpellier Hérault Rugby avec l’absence de l’ouvreur François Trinh-Duc sur la feuille de match face au RC Toulon de ce qui aurait pu être son ultime rencontre devant son public.

Dieu sait que j’adore ce joueur talentueux et l’ai toujours défendu notamment en sélection lorsqu’il a été injustement et trop souvent oublié !

Mais avant de crier au scandale il aurait fallu écouter les arguments du coach montpelliérain Jack White, champion du Monde avec l’Afsud en 2007, rappelons-le au passage…

Son discours est net, tranchant, affûté comme doit l’être le langage du très haut niveau et de l’excellence : « Je ne peux pas me permettre de perdre un match parce que je n’ai pas de couverture à l’arrière, à la mêlée ou à n’importe quel autre poste juste parce que je voulais faire un cadeau à quelqu’un. Mon boulot est de gagner. Et je dois traiter tout le monde de la même manière, sinon je suis injuste. C’est le sport, et le professionnalisme, c’est comme ça… »

Ce discours aussi dur soit-il est pour l’heure un discours gagnant car le MHR s’est spectaculairement redressé depuis le début d’année, alors une fois de plus pourquoi ne pas faire confiance à ceux qui ont faits leurs preuves dans la conquête de titres suprêmes ?

Le sport qu’on le regrette ou pas, a changé d’époque, passant en quelques années du Paléolithique aux Temps Modernes.

Aux dirigeants, journalistes et supporters français de s’y habituer et de s’y préparer, sinon il ne leur restera bientôt plus que les yeux pour pleurer…une fois de plus…une fois de trop !

To win or not to win, that is the question…

Francois TRINH DUC se blesse sur cette action

Francois TRINH DUC – Crédit N.G.

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